Les haies champêtres constituaient autrefois le maillage du paysage rural français. Leur restauration représente un geste fort pour la biodiversité et apporte de nombreux services au jardinier.
Les fonctions d’une haie vivante
Une haie bien pensée joue le rôle de brise-vent. Elle réduit la vitesse du vent sur une distance équivalente à dix fois sa hauteur. Les cultures situées sous sa protection bénéficient d’un microclimat favorable et souffrent moins du dessèchement.
La haie filtre également les pollutions et limite l’érosion des sols. Ses racines stabilisent les talus et favorisent l’infiltration de l’eau de pluie. Elle participe ainsi à la régulation du cycle de l’eau à l’échelle locale.
Sur le plan écologique, la haie offre nourriture et abri à une faune diversifiée. Les oiseaux y nichent et y trouvent baies et insectes. Les mammifères l’utilisent comme corridor de déplacement. Les insectes auxiliaires y passent l’hiver.
Choisir les espèces
La diversité spécifique garantit la résilience de la haie et étale les ressources alimentaires sur l’année. On mélange des espèces à feuillage persistant et caduc, des floraisons précoces et tardives, des fruits d’été et d’hiver.
Parmi les arbustes incontournables figurent le noisetier, le sureau noir, le cornouiller sanguin, le troène sauvage et l’aubépine. Le prunellier offre une floraison précoce précieuse pour les premiers pollinisateurs.
On évite les espèces exotiques invasives comme le buddleia ou le laurier-cerise. Bien que mellifères, elles appauvrissent la biodiversité locale en supplantant les espèces indigènes.
Plantation et entretien
La plantation s’effectue de novembre à mars, hors période de gel. On dispose les plants en quinconce sur deux ou trois rangs, espacés de 50 centimètres à 1 mètre selon les espèces.
Un paillage épais limite la concurrence herbacée les premières années. La taille de formation s’effectue en hiver pour densifier la base de la haie. Une fois établie, une taille annuelle suffit à maintenir la forme souhaitée.
