La planification constitue la clé de la réussite en agriculture biointensive. Une organisation réfléchie permet d’optimiser l’espace, d’étaler les récoltes et de maintenir la fertilité du sol.
Définir ses objectifs
Avant de tracer le premier sillon, il convient d’évaluer ses besoins réels. Une famille de quatre personnes peut atteindre une large autonomie alimentaire sur 200 mètres carrés cultivés en biointensif. Cette surface demande environ cinq heures de travail hebdomadaire.
On liste les légumes consommés régulièrement et les quantités souhaitées. Les rendements moyens en biointensif permettent d’estimer la surface nécessaire pour chaque culture. On prévoit également une marge pour les aléas climatiques.
La répartition recommandée en biointensif alloue 60 % de la surface aux cultures carbonées comme les céréales, qui produisent de la biomasse pour le compost. Les 30 % suivants vont aux légumes racines qui structurent le sol. Les 10 % restants accueillent les légumes gourmands.
Organiser l’espace
Les planches permanentes de 1,50 mètre de large permettent d’atteindre le centre sans marcher sur le sol. Leur longueur dépend de la configuration du terrain mais reste généralement comprise entre 5 et 10 mètres pour faciliter la rotation.
Les allées de 30 à 40 centimètres suffisent pour circuler avec une brouette. Elles peuvent être paillées ou enherbées selon les préférences. On évite de les creuser pour ne pas créer de zones de compaction.
L’orientation nord-sud des planches assure un ensoleillement équitable. Les cultures hautes se placent au nord pour ne pas ombrager les autres. Un plan à l’échelle facilite la visualisation et les calculs de surface.
Établir le calendrier cultural
Le calendrier de semis et de plantation s’établit à rebours depuis la date de récolte souhaitée. On soustrait la durée du cycle cultural et on ajoute le temps de germination pour obtenir la date de semis.
La rotation des cultures sur trois à quatre ans prévient l’accumulation des pathogènes et équilibre les prélèvements de nutriments. On alterne les familles botaniques et les types racinaires sur chaque planche.
Les successions culturales permettent de récolter deux à trois cultures par planche et par an. On prépare les plants de la culture suivante pendant que la précédente termine son cycle.
