Le double-bêchage constitue la pierre angulaire de la méthode biointensive. Cette technique ancestrale, perfectionnée par John Jeavons, permet de créer des conditions optimales pour le développement racinaire et la vie du sol.
Comprendre le principe
Contrairement au labour traditionnel qui retourne la terre et perturbe les horizons du sol, le double-bêchage aère en profondeur sans mélanger les couches. Cette distinction fondamentale préserve l’écosystème souterrain et favorise la prolifération des micro-organismes bénéfiques.
La technique consiste à travailler le sol sur une profondeur de 60 centimètres en deux étapes distinctes. La première couche de 30 centimètres est travaillée à la bêche plate, tandis que la couche inférieure est simplement ameublie à la fourche-bêche sans être remontée.
Les étapes pratiques
Le travail commence par le tracé de la planche, généralement de 1,50 mètre de large pour permettre d’atteindre le centre sans marcher sur le sol cultivé. On creuse une première tranchée de 30 centimètres de profondeur et on dépose la terre sur le côté.
Le fond de cette tranchée est ensuite ameubli à la fourche-bêche sur 30 centimètres supplémentaires. La tranchée suivante est creusée et sa terre vient combler la première. On poursuit ainsi jusqu’au bout de la planche, la dernière tranchée étant comblée avec la terre mise de côté au départ.
Fréquence et entretien
Le double-bêchage complet ne s’effectue qu’une fois tous les cinq à dix ans sur une planche bien entretenue. Les années suivantes, un simple ameublissement superficiel à la grelinette suffit à maintenir la structure du sol.
L’ajout régulier de compost en surface et le paillage permanent alimentent la vie du sol et maintiennent la porosité obtenue lors du double-bêchage initial. Les racines des cultures participent également à l’aération naturelle du sol.
